Expo : Gerry Johansson et Gunnar Smoliansky à la galerie VU’

Photographie

Du 17 mars au 29 avril, la Galerie VU’ présente deux des plus éminents photographes suédois actuels, Gerry Johansson et Gunnar Smoliansky.

Gerry Johansson
Tokyo

Dans le pays de Strömholm et Petersen, il y avait un photographe absorbé dans la quête de lieux silencieux et dépeuplés. Avec la même attention opportuniste aux rencontres improbables du regard, Gerry Johansson arrête les instants de l’œil sur l’éphémère vision de coïncidences signifiantes de formes, de lumières ou de matières. Dans ses images droites et immobiles, la rectitude des traits et la pureté des dégradés de blancs laissent à croire la vérité des trames et des peaux homochromes de l’architecture anodine de la ville, sur lesquelles la lumière fait son jeu parfait. Parce qu’il se donne à voir dans la scène de l’image capturée, ce travail de longue durée nous rend remarquable le monde multiple, complexe et fragmenté de notre quotidien, avec la même volonté fondatrice et flagrante que l’architecture projetée.

Gunnar Smoliansky
Signs and Traces

Un carré, des lignes, des ronds et des aplats en noir et blanc. Des images sans autre drame que la rencontre d’une oblique avec une courbe, ou le dialogue d’un grain avec des ombres. A 83 ans, un photographe, disciple de Christer Strömholm, nous raconte des histoires de choses sans autre narration que la géométrie et la lumière en échappement libre des codes de l’urbain, de l’architecture ou du technique. Ce discours insensé fait de la banalité des choses communes se transforme en véritable leçon de beauté du quotidien. A l’instar des fragments de lumières ordonnés par Le Corbusier pour Lucien Hervé, la complexité des géométries de rencontre, les contrepoints de trames et de lisses courantes deviennent pour Gunnar Smoliansky le théâtre jouissif d’histoires insensées de l’ombre et de la lumière dans des  « jeux savants, corrects et magnifiques » La photographie ne prend que des fragments de choses réelles. Mais Gunnar Smoliansky regarde la réalité de notre monde avec la distinction que notre triste quotidienneté nous empêche.

Vernissage le jeudi 16 mars, de 18h à 21h.