En 1913, dans leur grande maison de campagne au coeur de la forêt suédoise de Kolmården, Erik et Kristin se déchirent autour du berceau de leur fils Stefan.

Au même moment, en 1968, dans la même maison, Stefan revient avec Caroline, sa psychothérapeute, sur les lieux de son enfance et de sa blessure, pour tenter de comprendre ce qui s’est réellement passé.

Au même moment, en 2014, dans la même maison, Myriam, la fille de Stefan et de Caroline qui vient de mourir, est là pour vider cet antre plein de mauvais souvenirs. Sa compagne Hannele, enceinte de leur premier enfant, est venue avec elle et découvre les lieux qu’elle ne tarde pas à trouver « hantés ».

Va alors se jouer entre ces six personnages toute une partition polyphonique dans laquelle chaque couple sera le fantôme des autres. Fantômes morts depuis longtemps avec leurs secrets, ou « fantômes qui ne sont pas encore nés » mais qui traînent pourtant déjà comme des casseroles les anciennes blessures.

Entre thriller psychologique, scénario de série B et nouvelle d’anticipation, Habiter le temps démultiplie le temps et l’espace entre les murs clos de la maison de famille. Mais on le sait, les murs ont des oreilles et quand l’équilibre factice chancelle, les failles qui s’inscrivent dans la pierre, sur les visages ou dans les cœurs ne peuvent que s’ouvrir davantage, au risque de tout perdre… ou de respirer enfin.

Le challenge de la mise en scène repose sur l’orchestration simultanée des trois situations dramatiques dans un espace unique contenant sur scène des éléments communs et différents selon les situations et les époques.

La pièce fonctionne comme des calques d’image sur photoshop dont le degré d’opacité de 0 à 100 permet de faire exister tous les états de transparence, de superposer les plans, de les cacher, de les inverser.

À nous de jouer de et avec ces surimpressions qui iront jusqu’à inclure le temps présent et futur du spectateur pour lui faire sentir le vertige infini de sa propre réalité et de son irréalité confondues.

Ramsus Lindberg

Né en 1980 à Luleå (Nord de la Suède), Rasmus Lindberg entre, en 2004, à Dramatiska Institutet (École Supérieure des Arts du spectacle) pour se former en tant que metteur en scène. Au cours de sa formation qui durera trois ans, il fait plusieurs mises en scène et écrit notamment Plus vite que la lumière (trad. : Marianne Ségol, publié aux éditions Espaces 34). En 2006, il écrit Le Mardi où Morty est mort (éditions Espaces 34). C’est avec cette pièce qu’il fait sa percée. Le Mardi où Morty est mort est sélectionnée à la biennale de théâtre en 2007 et a été créée en France en mars 2013 au Fracas-CDN de Montluçon dans une mise en scène de François Rancillac.

Depuis 2008 il est auteur et metteur en scène associé du Norrbottensteater à Luleå. Il est également professeur de mise en scène au conservatoire national supérieur de Luleå. Habiter le temps (titre original : Barn och deras barn) a été écrite en 2014 et créée à l’automne de la même année au théâtre Västmanland, Västerås, en Suède.

Début du spectacle : 20h
210 rue de Belleville 75020 Paris
Traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy, avec le soutien de la Maison Antoine Vitez, centre international de la traduction théâtrale.

Mise en scène Hélène Poitevin,
Lumière Hélène Poitevin et Flore Dupont
Avec les élèves-comédiens de l’Atelier-Laboratoire de Création du Vendredi :
Elia Blanc, Astrid Bouygues, Sophie Frelat, Anne-Claire Ignace, Armelle Pauliat, Luc Viela.

Réservations :  resa.petitsformats@gmail.com