J’appelle mes frères : le spectacle

Amor, jeune européen issu de l’immigration, marche dans sa ville au lendemain d’un attentat. Quelle attitude adopter quand on ressemble comme un frère à ceux qui…? Le téléphone sonne, ses proches s’inquiètent, ils connaissent ses angoisses et ses colères. Et Amor marche encore, court, tremble, erre, doute, sous le regard des passants. Est-il réellement observé, traqué, coupable ? Il s’inquiète de la suspicion, il se méfie de la méfiance, il a peur de son ombre.

C’est un projet participatif qui mêle un groupe de onze amateurs aux quatre comédiens, les habitants de la ville sur le plateau.
C’est un spectacle percussif et urbain, qui avance au rythme d’Amor, tonique, déboussolé, hésitant.
C’est le récit d’une crise identitaire, mais aussi la possibilité d’un apaisement.

Amor, le personnage principal de la pièce, n’est ni un héros, un modèle, ni un pauvre gosse de banlieue. C’est un jeune citadin d’aujourd’hui, sorti d’une école d’ingénieurs, il a les codes et les outils, et pourtant il est tourmenté de ne pas savoir qui il doit être ou ce qu’on attend de lui, il est apeuré par le regard des autres dont il se méfie et se sent parfois inadapté.

Mais ne sommes-nous pas les victimes de ce que nous nous infligeons à nous-même et des limites que nous nous imposons ?

Au-delà des doutes, c’est bien d’émancipation dont il est question dans ce spectacle.

Il n’y a là aucune morale mais bien des questions ouvertes, qui nous traversent tous : Comment assumer nos singularités ? Comment se libérer des carcans préétablis par nos familles, nos milieux, nos habitudes, sortir des cases dans lesquelles il faut entrer et des clans à choisir ? Comment assumer nos contradictions et nos complexités ?

En invitant dans chaque ville un groupe d’amateurs à nous rejoindre sur scène, nous entendons étendre nos interrogations au-delà des enfants de l’immigration à toute une société présente sur le plateau, aux habitants de la ville dans toutes leurs diversités.

Du 6 au 26 juillet, tous les jours à 15h55
Durée 2h (trajet en navette compris)
Relâche les 12 et 19 juillet.
Plus d’informations :
http://www.avignonleoff.com/programme/2018/khemiri-jonas-hassen-a1511/

Programme parallèle :

Dire et montrer la solitude
13.07.2018 / 18 :30 au Village du off
Après la représentation, l’auteur, accompagné de la metteuse en scène Noémie Rosenblatt, échangeront avec le public autour d’un verre.
Un événement de la cie du Rouhault / éditions Théâtrales / La Manufacture

Identités et migrations
14.07.2018 / 17 :30 à la Maison Jean Vilar
Jonas Hassen Khemiri, Vanasay Khamphommala, Dominique Dolmieu, Christophe Pellet et Gurshad Shaheman tenteront d’apporter un regard neuf dans le débat sur LES identitéS et LES migrationS.
Un événement de la Librairie du Festival d’Avignon / Maison Jean-Vilar / éditions Théâtrales

Jonas Hassen Khemiri

Jonas Hassen Khemiri est considéré comme l’un des auteurs suédois les plus importants de sa génération. En 2003, la publication de son premier roman « Un œil rouge », lui vaut une notoriété considérable en Suède. Son deuxième roman « Montecore, un tigre unique » reçoit de nombreuses récompenses.
Sa langue romanesque imprégnée de théâtralité amène le Théâtre National de Stockholm à lui commander sa première pièce en 2006. « Invasion ! » sera jouée pendant deux ans en Suède, et créée en France en 2010 par Michel Didym au Théâtre Nanterre-Amandiers.

Sa cinquième pièce « J’appelle mes frères » a été créée au Théâtre National de Malmö et sélectionnée à la Biennale suédoise de théâtre en 2013. En France, elle a été montée par la Compagnie Les entichés en 2014.

Récompensé par de nombreux prix en Suède et aux Etats-Unis, ses romans sont traduits en danois, finnois, norvégien, français, allemand, italien, russe, anglais, et ses pièces jouées en France, en Allemagne, en Norvège, au Royaume Uni et aux Etats-Unis. En France ses pièces sont publiées aux Editions Théâtrales.

Avec le soutien de l’Institut suédois.